Fire Emblem Shadow Dragon décembre 18 2008
Infos : , ajouter un commentaireUn Fire Emblem pas comme les autres
Nous voilà face au dernier Fire Emblem et paradoxalement, il s’agit aussi du premier de la série. En effet, ce Fire Emblem: Shadow Dragon est un remake du tout premier épisode sorti sur NES il y a plus de 18 ans. Plusieurs choses nous viennent alors en tête, la première pour moi a été “chouette, je vais pouvoir faire un vieux Fire Emblem que je n’ai pas pu faire à l’époque”. On peut aussi, à juste titre, se demander comment un jeu qui a 18 ans pourrait bien être remis au goût du jour sur DS. Et surtout, comment le remake du premier de la série pourrait rivaliser avec tous ses successeurs (dont 4 excellents sont sortis en France) ayant profité de diverses évolutions ? Le pari est quand même risqué.
Alors, pure bombe ou mauvaise idée ? C’est ce que nous allons voir immédiatement…
Il y a beaucoup d’années, un dragon vachement méchant du nom de Medeus voulut conquérir le monde et plongea le continent d’Akaneia dans les flammes. Heureusement, un héros, brandissant l’épée sacrée Falchion, put le mettre à terre et ainsi rétablir la paix dans le monde. Il fonda ensuite le royaume d’Altea.
Le jeu commence avec Marth, jeune prince d’Altea et descendant du héros légendaire. Le royaume est en pleine guerre car le méchant dragon n’était finalement pas si mort que ça. Son père, lui aussi digne descendant du héros de la légende, prends Falchion et part se faire tuer par ses alliés d’hier.
Alors, commence une fuite éperdue de notre jeune Marth, catapulté dernier espoir de la planète (dernier car il n’y a personne encore en vie capable de brandir Falchion, la seule pouvant vaincre… hem… repousser quelques années de plus Medeus). Marth part donc se cacher pour reprendre des forces afin de revenir plus tard se venger des traîtres et éliminer ce dragon malfaisant.
Et il n’y a pas grand chose de plus à dire. Le scénario est probablement fidèle au jeu sorti sur NES mais les standards de l’époque étaient quand même nettement moins exigeants sur ce point. Vous aurez donc un background assez faible et peu d’éléments pour vous permettre une immersion scénaristique, donnant un jeu assez creux au final de ce point de vue. Nous y perdons beaucoup par rapport aux opus GBA, GC et Wii, ici, les dialogues de soutien n’existent pas, ce qui n’aide pas à s’attacher aux personnages.
Heureusement pour nous, il s’agit d’un remake et pas d’un portage. Nous avons donc échappé à une pluie de pixels ! Vous devez vous en douter, tous les graphismes du jeu ont été refaits (ce qui enfonce un peu plus le clou pour le scénario, ils auraient pu le retoucher aussi). Et c’est plutôt pas mal dans l’ensemble. Mais, le visage des personnages lors des scènes scénaristiques reste quand même assez étrange, voire inexpressif, ce qui ne plaira pas à tout le monde. Le design des personnages a été modernisé et rendu un poil plus réaliste, choix critiquable mais pas particulièrement répréhensible.
Pour le reste, j’ai trouvé les animations des personnages assez réussies, les séquences animées de combat assez plaisantes et l’ensemble joliment présenté, sans être pour autant époustouflant (Yggdra Union sur GBA fait quand même mieux sur ce plan). Les deux écrans de la DS sont également bien utilisés, reprenant les informations capitales sur l’écran du haut, laissant la carte de combat sur l’écran du dessous. Bref, bilan plutôt positif, et bravo pour l’ergonomie, quand même !
Cette éloge n’est pas particulièrement applicable au niveau musical. Nous avons droit pour cet opus à une sorte de melting-pot des autres Fire Emblem avec du bon, du moins bon et du quelconque (rien d’horrible). Dans l’ensemble, l’ambiance sonore est correcte sans plus, mais clairement pas inspirée et surtout “déjà entendue”.
Le gameplay a été beaucoup retravaillé pour ce remake sur DS. Le jeu est maintenant entièrement jouable au stylet mais a le bon goût de ne pas l’imposer. Ici, les deux systèmes cohabitent parfaitement et je n’ai pas trouvé d’éléments pour préférer l’un ou l’autre (mon amour du pad mis à part).
A partir du moment où le jeu est sur portable, il se doit d’être adapté au support. Une console portable est très rentable, justement, dans les métros, RER et autres bus. Ce qui a tendance à être oublié par les développeurs est qu’un jeu sur portable doit permettre des parties plus ou moins courtes. Pour cette version, on retrouve l’efficace sauvegarde rapide pendant les combats qui permet de reprendre là où l’on s’est arrêté. Mais il y a en plus, sur les cartes, des points de sauvegarde à usage unique permettant de faire des sauvegardes définitives. Ceci dit, j’aurais préféré une option dans le menu pour faire la même chose et ne pas être obligé de sacrifier le tour d’une unité pour sauvegarder. Ce système m’a quand même été bien utile lors de mes parties en transports. D’autres lieux remarquables sur les cartes seront les forteresses qui permettent de regagner doucement des points de vie à chaque tour quand on laisse une unité dessus, ou encore les portes, coffres et autres pont-levis à ouvrir au moyen de clés ou grâce aux voleurs qui peuvent le faire sans objets.
Le gros du système de jeu reste très classique par rapport aux autres Fire Emblem. Chaque personnage est assimilé à une classe (archer, guerrier, mage, etc…) et un niveau. Le maximum de ce dernier étant généralement 20, pour qu’un personnage puisse continuer à progresser, il faut le faire évoluer pour atteindre la classe supérieure et reprendre au niveau 1 (en gardant tous ses points de caractéristiques quand même). Mais certaines classes ne permettent pas d’évoluer et ne sont pas bloquées au niveau 20. Ainsi, Marth, Lord de son état, n’aura pas de seconde classe pour briller et pourra donc atteindre allègrement le niveau 29 ou plus.
On retrouve aussi le célèbre triangle des armes : les épées sont supérieures aux haches, elles-même supérieures aux lances qui ont, bien entendu, l’avantage sur les épées. Au niveau magie, pas de triangle de supériorité. Ce qui ne m’a pas gêné pour autant, les utilisateurs de magie ne m’ont servi qu’à soigner mes unités. Bref, la magie ne m’est pas apparue particulièrement à l’honneur dans ce Fire Emblem, sans pour autant que cela constitue un problème.
L’argent ne sera pas préoccupant dans ce jeu, vous trouverez régulièrement sur les cartes des arènes vous permettant de parier sur vos unités. En engageant le combat, si votre unité le gagne, elle récupère des points d’expérience et la somme misée. Si elle perd, elle meurt et vous perdez la somme. Heureusement il vous sera possible de quitter le combat en cours et sauver ainsi votre unité en cas de danger. Outre les arènes, vous trouverez des boutiques de deux types : magasin ou armurerie. Les armureries vendent des armes et des livres de sort, tandis que les magasins vendent des bâtons et des objets utiles. Au fur et à mesure de votre avancée dans le jeu, les magasins seront de mieux en mieux fournis.
Entre les combats, vous pourrez gérer entièrement vos unités, échanger des équipements, changer la classe de vos personnages (j’en reparlerai plus tard). Vous pourrez également visiter une boutique qui, malheureusement, ne modifiera pas ou peu son stock au cours du jeu (il se contentera de vous proposer des armes de fer). Vous vous équiperez donc de préférence dans les boutiques sur les cartes. Heureusement pour vous, il vous proposera aussi de forger des armes, d’une façon assez similaire à ce qui est proposé dans l’épisode Game Cube (Fire Emblem : Path of Radiance), à la différence qu’il modifiera une arme déjà en votre possession (autant en modifier une neuve). Très coûteuse, cette opération vous permettra quand même de fabriquer des armes excessivement puissantes transformant vos unités en véritables machines à tuer.
Le jeu réserve plein de surprises pour améliorer le gameplay. Tout d’abord, comme évoqué précédemment, l’utilisation des écrans est assez bien pensée. D’une simple pression sur la gâchette R, nous passons de la carte générale (avec les points bleus et rouges pour représenter les unités) à la description de l’unité actuellement sélectionnée. En appuyant sur le bouton Select on peut obtenir une description des objets de l’unité. Grâce à la gâchette L, on passe d’une unité à l’autre du même camp (pratique lorsque l’on souhaite déplacer rapidement toutes nos unités ou parcourir les unités adverses).
En sélectionnant une unité adverse, on peut voir ses possibilités de déplacements et d’attaques sur la carte, on peut même garder cette sélection active et ajouter d’autres unités, ou encore utiliser le bouton Y pour sélectionner toute l’armée adverse en une fois, ce qui est très utile pour bien gérer ses déplacements stratégiques et protéger les unités vulnérables. Cette possibilité (que j’ai beaucoup appréciée) simplifie quand même beaucoup le jeu original.
La panoplie d’armes et objets est relativement limitée, mais laisse quand même un choix certain de stratégie au joueur. Les armes possèdent une précision, une puissance, un poids et une possibilité de coup critique. Les coups critiques, lorsqu’ils arrivent, multiplies par 3 les dégâts. Les armes sont de trois catégories de base, fer, acier et argent. De puissance croissante, les différentes caractéristiques influenceront grandement la réussite de vos attaques. Aux armes conventionnelles viennent se greffer des armes particulières, réputées plus efficaces contre certaines classes de personnages (par exemple, les cuiracides vont infliger de lourds dégâts aux chevaliers en armure). Autant de paramètres à prendre en compte pour vos stratégies et l’efficacité de vos campagnes.
Nous parlons ici d’un Fire Emblem, il est donc inévitable de le juger par rapport à ses comparses. Le premier changement flagrant par rapport aux autres épisodes récents de la série est l’absence des dialogues de soutien. Dans les autres Fire Emblem, on peut initier des dialogues entre les membres de notre armée afin d’obtenir quelques informations de background et quelques bonus en combat. Ces petits dialogues généralement assez bien écrits font ici cruellement défaut, nous laissant une armée de soldats plus ou moins anonymes. Au niveau de la stratégie militaire, on note la triste absence de la commande “sauver”, qui habituellement permet à une unité plus forte de porter une unité plus faible, la protégeant ainsi des attaques ennemies. Ce manque n’est pas gênant mais nous entraîne vers un Fire Emblem un peu plus musclé que d’habitude. Cette version DS apporte en outre un mode en ligne dans lequel on peut effectuer diverses choses comme affronter des amis, prêter des unités, ou encore faire un peu de commerce. Je n’ai malheureusement pas eu le plaisir de tester ce mode.
Comme dernière modification, marquante cette fois, il est maintenant possible de changer à volonté et sans contrepartie la classe de vos unités entre les combats. Stratégiquement, c’est assez pratique, il suffit de bien observer la prochaine carte de combat et les unités présentes pour se monter une armée plus ou moins invincible. Mais pour le coup, l’esprit des Fire Emblem n’est pas respecté (aucune individualité dans vos unités) et on retombe dans l’impression de masse de soldats tous plus remplaçables les uns que les autres. Si on perd son mage, il suffit de transformer un des guerriers…
Tous ces éléments incitent le joueur à terminer rapidement et brutalement les missions. Voire même à sacrifier ses unités sans remords. Si j’ajoute que vous débloquerez quelques missions bonus à la fin du jeu si, et seulement si, il ne vous reste qu’une quinzaine d’unités, vous comprendrez le revirement pris par le jeu. Il s’agit ici du Fire Emblem le plus court et le plus facile auquel j’ai pu jouer, récompensant le joueur brutal et insouciant plutôt que l’adepte de la prudence et de la stratégie. Sans être particulièrement un défaut, il s’agit cependant d’une déception évidente pour tous les fans de la série et nous permet simplement d’en déduire que ce remake a été conçu principalement pour les débutants. Heureusement, pour le joueur expérimenté cherchant un peu de challenge, les différents modes de difficultés permettront d’augmenter de manière drastique la durée de vie du jeu.
Si le jeu est techniquement meilleur que les deux autres Fire Emblem qu’on a pu avoir en France sur GBA (heureusement pour lui), je trouve le plaisir moindre, principalement à cause du scénario un peu expéditif et du background inexistant. Le jeu est loin d’être mauvais mais n’innove pas vraiment, ou maladroitement quand il le fait. On a donc un bon RPG-Tactique possédant un sérieux gameplay et une très bonne replay value (6 modes de difficultés quand même), mais trop plat au niveau scénaristique pour être encensé. Un jeu qui saura trouver son public auprès des fans de Fire Emblem, de Smash Bros (Marth quoi) et des férus de T-RPG.
On the Rain-Slick Precipice of Darkness - Episode 2 novembre 13 2008
Infos : , ajouter un commentaireXbox Live Arcade - Windows - Mac - Linux
RPG en kit
Voila enfin la suite du célèbre RPG de Penny Arcade ! Comment ça ? Vous n’êtes pas d’accord avec le “célèbre” ? Peu importe, l’important est qu’il s’agisse d’un RPG et qu’il est multiplateforme, en l’occurrence vous le trouverez sur : Xbox Live Arcade, Windows, Mac et Linux. Comme pour son petit frère, je me suis empressé de le télécharger sur le Xbox Live Arcade. J’étais, en effet, impatient d’en découdre à nouveau avec les Fruit Fuckers
Alors, pensez-vous que cette suite vaut réellement le détour ? Nous allons voir ça…
Le poème !
| Now, three Gods wait on the windowsill, | Seuls trois Dieux patientent encore, |
| Where one God’s blood was lately spilled, | Où fût répandu le sang d’un des leurs |
| While black tongues lap at the spreading pool, | Des langues noircies lapent cette mare en extension |
| And build the strength they need to rule. | Et rassemblent les forces nécessaires à leur domination. |
On va difficilement parler de coutume pour une série qui n’a que 2 épisodes, mais cette coutume semble vouloir se confirmer quand même. Encore une fois, le jeu commence par un poème conté d’une voie de maître. Ce poème fait d’ailleurs suite au précédent épisode.
Après avoir démoli le Dieu du silence, Tycho et Gab reprenne du service en poursuivant leur recherchent sur le robot géant ayant démoli votre domicile. Pour se faire, rien de mieux que de chasser les versions miniatures : les Fruit Fuckers. Alors que l’opération “fruits gratuits” bas son plein, Tycho et Gab sont obligés de prendre la fuite et d’aller chercher un peu d’aide. Vous en l’occurrence… A vous de voir si votre soif de vengeance est toujours aussi forte.
La suite ?
Pour ce second épisode, j’ai bien envie d’écrire “on reprend les mêmes et on recommence” car c’est pratiquement ça. Mais quoi de plus naturel dans une SUITE ? Vous retrouverez donc le même système que pour l’opus précédent, mais vraiment le même hein, aucun changement, pas la moindre petite innovation en ce qui concerne les phases d’exploration ou de combat. Mais pourquoi s’embêter à faire ce jeu alors ?
Simplement pour la même raison qui vous pousse à lire un livre jusqu’à la fin : pour avoir toute l’histoire. Car sous ses airs de délire perpétuel, un scénario se découpe doucement et prend une forme plutôt attractive (en forme de fruit pour certains). Ensuite, car les épisodes se suivent et forme un tout, je ne sais pas combien d’épisodes sont prévus mais on pourra facilement en imaginer deux autres pour les deux Dieux qui restent une fois exterminé celui de cet épisode. Ensuite, peut-être simplement car le style est plaisant, un peu comme une collection de Terry Pratchett. Bref, ce second épisode est tout simplement indispensable à ceux ayant apprécié le premier. On y retrouve la même dose d’humour et de sarcasme toujours aussi bien ancré dans l’univers de Penny Arcade…
Evolution ?
Pourtant, quelques éléments changent, en effet, certains défauts du précédent opus ont été gommés. Tout d’abord, la trop grande facilité, elle est maintenant parfaitement nuancée par un système, classique, mais néanmoins présent de difficulté. A tout moment du jeu vous pouvez régler la difficulté (des combats, il va de soi) entre facile, normal ou difficile. Voila déjà de quoi vous permettre d’allonger un peu la durée de vie du soft. A ce propos, en le terminant une première fois (quelque soit la difficulté) vous pourrez ensuite recommencer le jeu en mode “insensé”. Ce mode rendra le jeu cauchemardesque pour bon nombre de joueurs et vous permettra d’ouvrir certains coffres qui étaient intouchables jusqu’à présent.
La linéarité de la progression a, elle aussi, été un peu revue. Dans l’ensemble, le jeu restera tout aussi linéaire qu’il ne l’était dans l’épisode 1. Seulement dans cet épisode 2, vous aurez accès très rapidement à toutes les zones du jeu mais ne pourrez pas les terminer à la suite, à vous de faire les allers-retours nécessaires afin de bien faire avancer votre quête. Le ressentie de linéarité sera donc atténué. Malheureusement, ceci c’est fait au détriment de la clarté scénaristique. L’ensemble m’a donc parût un peu plus brouillon (mais c’était quand même léger) que ne l’était son prédécesseur.
Vous pourrez reprendre votre personnage de l’épisode 1 ou bien en créer un nouveau. Vous reprendrez votre équipe au niveau 15 avec les dernières armes et pourrez recommencer le leveling jusqu’au niveau 30. De même que dans le précédent épisode, vous pourrez upgrader vos armes 3 fois et perpétuer des carnages sanglants sans pitié sur le nouveau bestiaire de cet opus. Vous retrouverez vos amis les Fruit Fuckers dans des versions évolués mais vous rencontrerez surtout de nouveaux ennemis tous plus dangereux les uns que les autres. A noter aussi l’apparition d’un mini-jeu très approprié au cours du jeu.
Digne suite de son prédécesseur, cet épisode 2 n’a malheureusement que peu d’intérêt sans l’épisode 1. Ce n’est pas un réel défaut à mes yeux mais pourrait l’être pour d’autres. Bref, un jeu réservé à ceux ayant pu apprécier l’humour et l’intrigue du premier épisode. Un RPG au système extrêmement classique dans un univers emplit d’humour noir mais qui n’est pas traduit en français et exige donc un bon niveau d’anglais pour être complètement apprécié.